Fiche pratique · Conformité
RGPD au cabinet d'avocats : la liste de contrôle article par article
Registre (art. 30), sécurité (art. 32), violations de données (art. 33 et 34), sous-traitants (art. 28), droits des personnes, durées de conservation : les points à vérifier.
Dans cet article11
En bref
Un cabinet d'avocats traite des données personnelles dès son premier dossier : clients, parties adverses, témoins, salariés. Le RGPD s'ajoute au secret professionnel sans le remplacer. Six chantiers couvrent l'essentiel : le registre des traitements, la sécurité, la gestion des violations de données, les contrats avec les sous-traitants, les droits des personnes, et la minimisation avec des durées de conservation fixées.
Points clés
- Le registre de l'article 30 est obligatoire pour un cabinet : l'exemption des structures de moins de 250 salariés ne joue pas pour des traitements réguliers ou portant sur des données sensibles ou pénales.
- Une violation de données présentant un risque se notifie à la CNIL si possible dans les 72 heures ; toutes les violations se documentent en interne.
- Chaque prestataire qui traite des données pour le cabinet est un sous-traitant, lié par un contrat conforme à l'article 28.
- Les demandes d'exercice des droits appellent une réponse dans un délai d'un mois en principe ; leur articulation avec le secret professionnel s'examine au cas par cas.
- Le guide RGPD de la profession d'avocat fournit un registre type et un référentiel des durées de conservation.
Le RGPD s'ajoute au secret professionnel
Un cabinet traite en permanence des données personnelles : identité des clients et des parties adverses, correspondances, pièces, données de facturation, parfois des données de santé ou relatives aux infractions. Le RGPD s'applique quelle que soit la taille de la structure.
Le secret professionnel de l'article 66-5 de la loi du 31 décembre 1971 protège la relation entre l'avocat et son client. Le RGPD protège toutes les personnes dont les données sont traitées, y compris celles qui ne sont pas clientes. Les deux régimes se cumulent : être irréprochable sur l'un ne dispense pas de l'autre. Pour les données relatives aux infractions, l'article 46 de la loi Informatique et Libertés autorise les auxiliaires de justice à les traiter pour les stricts besoins de leurs missions.
1. Le registre des traitements (article 30)
- Recensez chaque traitement : dossiers des clients, facturation et comptabilité, lutte contre le blanchiment, consultations à distance, outils d'IA, site et prise de rendez-vous, gestion du personnel.
- Documentez pour chacun les finalités, les catégories de personnes et de données, les destinataires, les transferts hors de l'Union, les délais d'effacement et les mesures de sécurité.
- Mettez-le à jour avant la mise en service de chaque nouvel outil.
La méthode, avec un modèle de fiche, est dans le guide Registre des traitements du cabinet.
2. La sécurité (article 32)
L'article 32 impose des mesures techniques et organisationnelles adaptées au risque. Pour des données couvertes par le secret, le niveau attendu est élevé.
Mesures techniques
- Chiffrement des données en transit et au repos, en particulier pour les pièces des dossiers.
- Authentification forte : mots de passe longs et uniques, double authentification partout où elle existe.
- Hébergement et sous-traitants vérifiés sur les contrats plutôt que sur la documentation commerciale.
- Sauvegardes régulières, dont la restauration a été testée.
- Mises à jour des postes, des téléphones et des logiciels.
Mesures organisationnelles
- Des accès limités : chacun n'accède qu'aux dossiers nécessaires à ses fonctions.
- Une charte informatique connue de tous.
- Une procédure de départ qui coupe les accès le jour même.
- Le verrouillage des postes, au cabinet comme en déplacement.
3. Les violations de données (articles 33 et 34)
Un ordinateur perdu, un rançongiciel, un email envoyé au mauvais destinataire ou un accès non autorisé constituent des violations de données.
- Notification à la CNIL dans les meilleurs délais et, si possible, 72 heures au plus tard après en avoir pris connaissance, sauf si la violation ne présente pas de risque pour les droits et libertés des personnes (article 33). La CNIL reçoit les notifications par un service en ligne.
- Information des personnes concernées lorsque la violation est susceptible d'engendrer un risque élevé pour elles (article 34).
- Documentation interne de toute violation, même non notifiée : faits, effets, mesures prises.
- Une procédure écrite à l'avance, qui répartit la détection, la qualification et la notification : sans elle, la décision prise dans l'urgence risque de dépasser le délai.
La notification décrit la violation sans divulguer le contenu des dossiers concernés.
4. Les sous-traitants (article 28)
L'éditeur de logiciel, l'outil de visioconférence, l'hébergeur ou le prestataire de paie traitent des données pour le compte du cabinet.
- Un contrat écrit avec les mentions de l'article 28 : objet, durée, nature et finalité du traitement, obligations de sécurité, sort des données en fin de contrat, régime des sous-traitants ultérieurs.
- La liste des sous-traitants ultérieurs et leur pays.
- Les transferts hors de l'Union identifiés et encadrés, et le droit applicable au fournisseur vérifié.
La CNIL publie un guide du sous-traitant qui détaille ces obligations.
5. Les droits des personnes (articles 12 à 22)
- Informer les clients et, de manière adaptée, les tiers dont vous collectez les données (articles 13 et 14) : dans la lettre de mission et sur le site du cabinet.
- Répondre aux demandes d'accès, de rectification, d'effacement, de limitation, de portabilité ou d'opposition dans un délai d'un mois en principe (article 12).
- Vérifier l'identité du demandeur avant toute communication.
- Préserver le secret : le droit d'accès porte sur les données de la personne qui le demande, et le RGPD précise que la copie remise ne doit pas porter atteinte aux droits et libertés d'autrui (article 15, paragraphe 4). L'articulation avec le secret professionnel s'apprécie au cas par cas, raisonnement écrit à l'appui.
6. DPO, minimisation et durées de conservation
Faut-il un délégué à la protection des données ?
L'article 37 rend la désignation obligatoire notamment lorsque les activités de base consistent en un traitement à grande échelle de données sensibles ou de données relatives aux condamnations et aux infractions. La plupart des cabinets individuels ou de petite taille n'atteignent pas ce seuil, mais l'appréciation dépend du volume et de la nature de l'activité. Hors des cas obligatoires, la CNIL encourage la désignation.
Minimiser et purger
- Ne collectez que ce qui est nécessaire au dossier (article 5).
- Fixez une durée de conservation par catégorie de données ; le référentiel du guide RGPD de la profession d'avocat sert de base.
- Distinguez la base active et l'archivage d'un dossier clos, et programmez la suppression effective.
Pour les consultations à distance, la page sécurité décrit ce que Visio-Avocats fait des données : hébergement dans l'Union européenne, chiffrement, sous-traitants, et suppression automatique des enregistrements au bout de 90 jours.
Check-list
- Registre des traitements tenu à jour, une fiche par traitement.
- Double authentification activée sur tous les outils qui la proposent.
- Sauvegardes testées par une restauration.
- Procédure écrite en cas de violation de données, avec le lien du service de notification de la CNIL.
- Contrat conforme à l'article 28 avec chaque sous-traitant, et liste de leurs propres sous-traitants.
- Information des personnes dans la lettre de mission et sur le site du cabinet.
- Adresse dédiée aux demandes d'exercice des droits, et délai d'un mois suivi.
- Durées de conservation fixées par catégorie, et suppression programmée.
- Question du DPO tranchée et décision écrite.
Questions fréquentes
- Un avocat seul doit-il tenir un registre des traitements ?
- Oui. L'exemption de l'article 30 pour les structures de moins de 250 salariés ne joue pas lorsque le traitement est régulier ou porte sur des données sensibles ou relatives aux infractions, ce qui est le cas des dossiers de clients.
- Dans quel délai notifier une violation de données ?
- Dans les meilleurs délais et, si possible, 72 heures au plus tard après en avoir pris connaissance, sauf si la violation ne présente pas de risque pour les personnes (article 33 du RGPD). Toutes les violations se documentent en interne.
- Que répondre à une partie adverse qui exerce son droit d'accès ?
- Le droit d'accès porte sur les données de la personne qui le demande, pas sur le dossier. Le RGPD précise que la copie ne doit pas porter atteinte aux droits et libertés d'autrui (article 15, paragraphe 4), et le secret professionnel continue de s'appliquer : la demande s'examine au cas par cas, raisonnement écrit à l'appui.
- Un cabinet doit-il désigner un DPO ?
- Seulement dans les cas de l'article 37, par exemple lorsque les activités de base du cabinet consistent en un traitement à grande échelle de données sensibles ou pénales. La plupart des petits cabinets n'y sont pas tenus ; la CNIL encourage néanmoins la désignation.
Sources
Les textes et publications sur lesquels s'appuie l'article, vérifiés le 23 septembre 2026.
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Légifrance (DILA)
Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978, article 46 - 3
Légifrance (DILA)
Loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971, article 66-5 - 4
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- 9
Conseil national des barreaux
Guide pratique RGPD de la profession d'avocat (2e édition, mai 2023)
Visio-Avocats
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Chaque client patiente en salle d'attente jusqu'à ce que vous l'admettiez, les flux sont chiffrés, les données hébergées à Francfort, et rien n'est enregistré sans l'accord de chaque participant. Le registre des traitements et la liste des sous-traitants sont publiés.
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