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Guide de fond · Encaissement

Encaisser ses honoraires sans impayés : de la provision au recouvrement

Provision, paiement à la réservation, relances, mise en demeure, intérêts au taux légal, prescription et contestation : la méthode complète, avec les textes applicables.

Mis à jour le 15 min de lectureGuide gratuit, lisible en entier
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En bref

Un impayé se prévient avant la consultation : une convention qui fixe les honoraires et leurs échéances, une provision raisonnable demandée avant de commencer et, pour une consultation ponctuelle, un règlement au moment de la réservation. Quand le paiement ne vient pas, la mise en demeure prévue par l'article 1344 du Code civil fait courir les intérêts au taux légal, et l'action en paiement doit être engagée avant la prescription, qui est de deux ans face à un client consommateur.

Points clés

  • La prévention se joue dans la convention : mode de calcul des honoraires, provision, échéances, moyens de paiement.
  • Le règlement intérieur national permet de demander une provision, dans la limite d'une estimation raisonnable, et de ne pas commencer tant qu'elle n'est pas réglée.
  • La mise en demeure fait courir les intérêts au taux légal ; au second semestre 2026, le taux applicable à un créancier professionnel, comme un avocat, est de 2,75 %.
  • Face à un client professionnel, la facture mentionne le taux des pénalités de retard et l'indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement.
  • Les contestations sur le montant et le recouvrement des honoraires relèvent de la procédure devant le bâtonnier ; l'action contre un consommateur se prescrit par deux ans.

Prévenir : la convention et la provision

Un impayé naît souvent d'un malentendu sur le prix. L'article 10 de la loi du 31 décembre 1971 impose une convention écrite qui précise le montant ou le mode de détermination des honoraires et les frais envisagés : c'est le premier outil de recouvrement, bien avant la relance. Le détail des clauses est dans notre guide sur la convention d'honoraires.

Le règlement intérieur national (article 11.6) permet à l'avocat qui accepte un dossier de demander le versement préalable d'une provision à valoir sur ses frais et honoraires. Elle ne peut aller au-delà d'une estimation raisonnable des honoraires et des débours probables. Si elle n'est pas payée, l'avocat peut renoncer à s'occuper de l'affaire ou s'en retirer, dans les conditions prévues par les règles de la profession.

Les honoraires et les provisions sur honoraires rémunèrent l'avocat. Les fonds reçus pour le compte d'un client relèvent d'un autre circuit : la caisse des règlements pécuniaires des avocats (CARPA), organisée par l'article 53 de la loi de 1971 et le décret du 27 novembre 1991.

  • Fixez dans la convention le montant de la provision et son imputation sur les honoraires.
  • Prévoyez des échéances et leur date, plutôt qu'une facture unique en fin de dossier.
  • Indiquez les moyens de paiement acceptés et le délai de règlement de chaque facture.
  • Pour un dossier long, prévoyez des provisions complémentaires à des étapes identifiées (dépôt des conclusions, expertise, audience).

Faire régler la consultation à la réservation

Pour une consultation ponctuelle, le moyen le plus simple d'éviter l'impayé est de la faire régler au moment où le client la réserve : le prix est annoncé avant, le client s'engage en payant, et la question du règlement ne se pose plus en fin d'entretien. La convention reste due, même pour une consultation unique ; elle peut être courte.

Avec Visio-Avocats, le client choisit un créneau sur votre page de réservation et règle par carte ; le rendez-vous n'est confirmé qu'une fois réglé. Le paiement est créé sur votre compte Stripe, et le client reçoit un reçu de paiement, qui justifie l'encaissement et ne tient pas lieu de facture. Sur une consultation réglée 120 €, avec une carte européenne standard, les frais de Stripe (1,5 % + 0,25 €, soit 2,05 €) et la commission de Visio-Avocats (1 %, soit 1,20 €) laissent 116,75 € sur votre compte. Le détail figure sur la page Encaissement.

Relancer sans attendre

Plus la relance est tardive, moins elle a de chances d'aboutir : le client a oublié la valeur du conseil, et l'avocat hésite à réclamer. Une séquence définie à l'avance, appliquée à chaque facture, évite l'une et l'autre difficulté.

  1. Un rappel courtois quelques jours après l'échéance, avec le montant, la date d'échéance et un moyen de payer immédiatement.
  2. Une relance ferme qui constate l'absence de règlement, fixe une date limite précise et annonce la suite.
  3. Une mise en demeure qui identifie la créance, somme de payer dans un délai déterminé et rappelle que les intérêts au taux légal courent à compter de la mise en demeure.
  4. La procédure de recouvrement, si rien n'a été réglé dans le délai, avec un dossier complet : convention, factures, relances, mise en demeure et preuve de sa réception.

Dans Visio-Avocats

Avec les offres Pro et Cabinet, les demandes de paiement impayées sont relancées par email à J+7, J+15 et J+30, avec le lien de paiement ; les relances s'arrêtent dès le règlement, et vous pouvez les couper pour une demande, par exemple quand le client conteste. Pour une mise en demeure dont vous voudrez prouver la réception, une lettre recommandée reste le moyen le plus sûr.

Client professionnel : pénalités de retard et indemnité de 40 €

Pour une prestation de service fournie pour une activité professionnelle, l'article L441-9 du Code de commerce impose une facture qui mentionne notamment la date à laquelle le paiement doit intervenir, le taux des pénalités de retard et le montant de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement.

L'article L441-10 précise que le taux des pénalités ne peut être inférieur à trois fois le taux de l'intérêt légal ; à défaut de stipulation, il est égal au taux de la Banque centrale européenne majoré de dix points. Le professionnel en retard de paiement doit en outre, de plein droit, une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, fixée à 40 € par l'article D441-5.

Ces sommes se réclament avec tact, et d'abord dans la convention : un client prévenu les conteste moins.

Recouvrer : la procédure propre aux honoraires

L'article 174 du décret n° 91-1197 du 27 novembre 1991 réserve les contestations concernant le montant et le recouvrement des honoraires des avocats à la procédure qu'il organise : le bâtonnier est saisi, et sa décision peut être déférée au premier président de la cour d'appel.

La procédure se prépare dès l'ouverture du dossier : une convention signée, des relevés de diligences réguliers, des factures datées et des relances conservées forment le dossier de preuve. Sans convention, l'avocat garde un droit aux honoraires pour les diligences qu'il établit, mais leur montant est alors fixé selon les critères de l'article 10 de la loi de 1971, comme l'a jugé la Cour de cassation le 14 juin 2018.

La prescription : deux ans ou cinq ans

L'article L218-2 du Code de la consommation soumet l'action des professionnels contre les consommateurs à une prescription de deux ans. La Cour de cassation l'applique à l'action en paiement des honoraires d'avocat lorsque le client est une personne physique qui a eu recours à l'avocat pour des besoins étrangers à toute activité professionnelle (arrêts du 26 mars 2015).

Face à un client professionnel, la prescription de droit commun de l'article 2224 du Code civil s'applique : cinq ans à compter du jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer.

Deux ans passent vite sur un dossier qui dure : notez la date à laquelle le délai expire dans votre agenda des échéances, au même titre qu'un délai de procédure.

La check-list anti-impayés

  • Une convention signée avant de commencer, avec le mode de calcul, les frais, la provision et les échéances.
  • Une provision demandée dans la limite d'une estimation raisonnable, et versée avant les diligences.
  • Les consultations ponctuelles réglées à la réservation, avec un reçu envoyé au client.
  • Des relevés de diligences réguliers, qui informent le client de l'évolution des honoraires.
  • Une séquence de relance fixée à l'avance : rappel, relance ferme, mise en demeure.
  • Pour un client professionnel, le taux des pénalités de retard et l'indemnité de 40 € mentionnés sur la facture.
  • La mise en demeure envoyée par un moyen qui prouve sa réception, avec le calcul des intérêts au taux du semestre.
  • La date de prescription notée : deux ans face à un consommateur, cinq ans sinon.
  • En cas de contestation, la saisine du bâtonnier préparée avec la convention, les factures et les relances.

Questions fréquentes

Peut-on demander le paiement d'une consultation avant qu'elle ait lieu ?
Oui. Le règlement intérieur national permet de demander le versement préalable d'une provision à valoir sur les honoraires, dans la limite d'une estimation raisonnable. Pour une consultation à prix annoncé, le règlement à la réservation joue ce rôle ; une convention reste nécessaire, même courte.
Quel taux d'intérêt appliquer à des honoraires impayés ?
Le taux de l'intérêt légal applicable au créancier : pour un avocat, qui agit pour ses besoins professionnels, 2,75 % du 1er juillet au 31 décembre 2026. Les intérêts courent à compter de la mise en demeure, et le taux est majoré de cinq points deux mois après qu'une condamnation est devenue exécutoire.
Une relance par email vaut-elle mise en demeure ?
Le Code civil n'impose pas de forme : ce qui compte est une interpellation suffisante, qui exige le paiement sans ambiguïté (article 1344). Pour pouvoir prouver l'envoi, le contenu et la réception, une lettre recommandée reste préférable.
Un client professionnel en retard doit-il l'indemnité de 40 € ?
Oui. L'article L441-10 du Code de commerce rend le professionnel en retard de paiement débiteur de plein droit d'une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, fixée à 40 € par l'article D441-5, en plus des pénalités de retard.
Les honoraires réglés par carte passent-ils par la CARPA ?
Non : les honoraires et les provisions sur honoraires rémunèrent l'avocat. La CARPA reçoit les fonds maniés pour le compte des clients. Avec Visio-Avocats, les paiements par carte arrivent sur le compte Stripe de l'avocat, et les fonds de tiers ne transitent jamais par l'outil.

Sources

Les textes et publications sur lesquels s'appuie ce guide, vérifiés le 23 septembre 2026.

  1. 1
  2. 2
  3. 3
  4. 4

    Légifrance (DILA)

    Code civil, article 1344
  5. 5

    Légifrance (DILA)

    Code civil, article 1344-1
  6. 6

    Légifrance (DILA)

    Code civil, article 1231-6
  7. 7
  8. 8
  9. 9
  10. 10
  11. 11
  12. 12
  13. 13
  14. 14
  15. 15
  16. 16
  17. 17
  18. 18

    Légifrance (DILA)

    Code civil, article 2224

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Faites régler vos consultations avant qu'elles commencent.

Le client paie par carte à la réservation ou pendant la visio. Avec les offres Pro et Cabinet, les relances partent à J+7, J+15 et J+30 jusqu'au règlement, et vos encaissements s'exportent en CSV ou en FEC pour votre comptable. Visio-Avocats prélève 1 % par paiement encaissé.

Rien n'est prélevé avant l'ouverture, le 1ᵉʳ octobre 2026, et la réservation peut être annulée d'ici là.